Le premier doge à autoriser le carnaval fut Vitale Falier, en 1094. Le
carnaval débutait par un bal et se poursuivait par de petites fêtes locales sur
les campi: théatre, concerts ou jeux. Les vénitiens, de toutes conditions
sociales, enfilaient alors le TABARRO (une longue cape noire)
et dissimulaient leur identité derrière la BAUTA (un masque blanc, prononcez la
Baouta) et sous un tricorne. Tous devenaient alors égaux et tout était permis à
tous.
Bientôt, les déguisements devinrent plus évolués, en puisant leur
inspiration dans les costumes que l'on connaissaient alors, ceux de la Comedia
dell'Arte. La ville toute entière se transformait, chantait, dansait. Venise
était la ville de la séduction et du plaisir de vivre.
Mais certaines pratiques furent contestables. Les jeunes, déguisés en clown
dans leur costume de MATTACINO, lançaient des oeufs emplis d'eau de rose sur
les belles passantes. Quant à celles jugées moins séduisantes,
elles recevaient des oeufs ... pourris.
En 1268, un décret interdit aux hommes masqués de s’adonner à ce jeu. On
comprend bien que le gouvernement, ayant interdit en vain cette pratique, finit
par protéger le passage des femmes par des filets.